Découvrir les droits des aidants & des aidés
Être aidant, c'est accompagner un proche au quotidien tout en devant faire face à de nombreuses démarches administratives. Pourtant, de nombreux droits, aides et dispositifs existent pour soutenir les aidants comme les personnes accompagnées.
Dans cette rubrique, vous trouverez des informations claires pour mieux comprendre vos droits selon votre situation : que vous accompagniez une personne en situation de handicap ou une personne âgée de plus de 60 ans. Notre objectif est de vous guider afin que vous puissiez accéder aux aides auxquelles vous pouvez prétendre.
Quels sont mes droits en tant qu'aidants ?
Être aidant, c'est accompagner un proche au quotidien, souvent en conciliant vie personnelle, vie familiale et vie professionnelle. Pourtant, de nombreux aidants ne savent pas qu'ils disposent de droits et qu'ils peuvent bénéficier de différents dispositifs de soutien.
Selon votre situation, vous pouvez notamment bénéficier du congé de proche aidant, qui vous permet de suspendre ou d'aménager temporairement votre activité professionnelle afin d'accompagner un proche en perte d'autonomie ou en situation de handicap. Ce congé peut, sous certaines conditions, être accompagné de l'Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA), une aide financière destinée à compenser une partie de votre perte de revenus.
Vous pouvez également bénéficier de l'Assurance Vieillesse des Aidants (AVA), qui permet, sous certaines conditions, de continuer à acquérir des droits à la retraite pendant votre période d'aidance, ainsi que du droit au répit et de différentes solutions d'accompagnement.
Certains départements proposent également des aides spécifiques pour les aidants, qu'il s'agisse d'un accompagnement social, d'un soutien dans les démarches administratives, d'aides financières ou de dispositifs de répit. Ces aides varient d'un territoire à l'autre.
Dans cette rubrique, nous vous aidons à mieux comprendre vos droits, les conditions pour en bénéficier et les démarches à effectuer afin de vous accompagner au mieux dans votre rôle d'aidant.
AJPA Allocation Journalière du Proche Aidant
L'Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) est une aide financière destinée aux personnes qui réduisent ou interrompent temporairement leur activité professionnelle afin d'accompagner un proche en situation de handicap ou de perte d'autonomie. Cette allocation est versée par la CAF ou la MSA et permet de compenser une partie de la perte de revenus pendant cette période.
Qui peut bénéficier de l'AJPA ?
Vous pouvez demander l'AJPA si vous :
-
exercez une activité professionnelle (salarié, travailleur indépendant, agent public, salarié du particulier employeur, demandeur d'emploi indemnisé, personne en formation professionnelle, etc.) ;
-
réduisez ou cessez temporairement votre activité pour aider un proche ;
-
entretenez un lien étroit avec la personne aidée (conjoint, partenaire de PACS, concubin, parent, enfant, frère, sœur, autre membre de la famille, ou toute personne avec laquelle vous résidez ou entretenez une relation d'aide régulière) ;
-
résidez en France de manière stable et régulière.
La personne aidée doit :
-
vivre en France de manière stable et régulière ;
-
être reconnue avec un taux d'incapacité d'au moins 80 % par la MDPH, ou
-
être en perte d'autonomie classée en GIR 1, 2, 3 ou 4.
Dans quels cas l'AJPA n'est-elle pas accordée ?
Vous ne pouvez pas bénéficier de l'AJPA si :
-
vous êtes retraité sans activité professionnelle ;
-
vous n'exercez aucune activité professionnelle et ne percevez pas d'indemnisation chômage ;
-
vous êtes rémunéré par votre proche grâce à l'APA ou à la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) ;
-
vous percevez certaines allocations incompatibles avec l'AJPA (comme l'AJPP ou certaines indemnités de congé maternité, par exemple).
Combien de temps peut-on en bénéficier ?
L'AJPA est versée :
-
jusqu'à 22 jours par mois ;
-
dans la limite de 66 jours par personne aidée ;
-
avec un maximum de 264 jours sur l'ensemble de votre carrière, soit jusqu'à quatre proches accompagnés.
Les démarches à suivre :
1. Déposer votre demande auprès de la CAF ou de la MSA
La demande peut être réalisée directement depuis votre espace personnel si vous êtes déjà allocataire. Si ce n'est pas le cas, vous devrez compléter le formulaire prévu à cet effet et transmettre les justificatifs demandés.
PDF Formulaire demande de AJPA (document officiel)
2. Fournir les justificatifs
Selon votre situation, plusieurs documents pourront être demandés, notamment :
-
un justificatif de la situation de la personne aidée (notification MDPH ou décision d'APA indiquant le GIR) ;
-
une attestation de réduction ou d'interruption de votre activité professionnelle ;
-
les pièces justificatives demandées par la CAF ou la MSA.
3. Déclarer vos journées d'aide
Chaque mois, vous devrez déclarer le nombre de journées ou de demi-journées durant lesquelles vous avez interrompu ou réduit votre activité. Cette déclaration permet le calcul et le versement de votre allocation.
Bon à savoir
L'AJPA peut être versée pour des journées complètes ou des demi-journées. Elle est soumise au prélèvement à la source et n'est pas cumulable avec certaines autres prestations. Avant de déposer votre demande, n'hésitez pas à contacter votre CAF ou votre MSA afin de vérifier votre situation personnelle.
Site internet CAF
AVA Assurance Vieillesse des Aidants
L'Assurance Vieillesse des Aidants (AVA) permet aux proches aidants de continuer à acquérir des droits à la retraite lorsqu'ils réduisent ou cessent leur activité professionnelle pour accompagner un proche en situation de handicap ou de perte d'autonomie. Pendant cette période, les cotisations retraite sont prises en charge par la CAF ou la MSA, ce qui permet de valider des trimestres sans avoir à les financer soi-même.
Qui peut bénéficier de l'AVA ?
Vous pouvez bénéficier de l'AVA si vous :
-
accompagnez régulièrement, à titre non professionnel, un proche en situation de handicap ou de perte d'autonomie ;
-
avez réduit ou cessé votre activité professionnelle, ou votre recherche d'emploi, pour vous occuper de cette personne ;
-
êtes salarié, travailleur indépendant, demandeur d'emploi ou exercez une autre activité relevant du régime général ou agricole.
La personne aidée doit notamment :
-
bénéficier de l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) avec un classement en GIR 1 à 4 ;
-
ou être reconnue avec un taux d'incapacité d'au moins 80 % ;
-
ou se trouver dans une autre situation ouvrant droit à l'AVA prévue par la réglementation.
Bon à savoir : il n'est pas nécessaire d'habiter avec la personne aidée ni d'avoir un lien de parenté avec elle pour bénéficier de l'AVA, sous réserve de remplir les conditions prévues.
Dans quels cas êtes-vous affilié automatiquement ?
Vous n'avez aucune démarche à effectuer si :
-
vous percevez déjà l'Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) ;
-
vous êtes dans certaines situations liées à l'accompagnement d'un enfant en situation de handicap prévues par la réglementation.
Dans ces cas, l'affiliation à l'AVA est réalisée automatiquement.
Les démarches à suivre
1. Vérifiez que vous remplissez les conditions
Avant toute demande, assurez-vous que la personne aidée remplit les critères (APA, reconnaissance de handicap ou autre situation ouvrant droit) et que vous avez bien réduit ou interrompu votre activité pour l'accompagner.
2. Contactez votre CAF ou votre MSA
Si vous n'êtes pas affilié automatiquement, prenez contact avec votre CAF ou votre MSA (régime agricole). Un conseiller vous indiquera les documents nécessaires selon votre situation.
3. Déposez votre demande
Vous devrez compléter le formulaire de demande et fournir les justificatifs demandés, par exemple :
-
une attestation d'APA ou de handicap de la personne aidée ;
-
un justificatif montrant que vous réduisez ou cessez votre activité ;
-
selon les situations, une déclaration de ressources ou d'autres pièces complémentaires.
PDF Formulaire demande AVA (document officiel)
4. Suivez votre dossier
Après l'étude de votre demande, la CAF ou la MSA vous informe de votre affiliation. Si votre demande est acceptée, les cotisations retraite seront versées directement à votre caisse de retraite afin de valider vos trimestres.
Bon à savoir :
L'AVA ne verse pas d'argent à l'aidant. Son objectif est de protéger votre avenir en vous permettant de continuer à acquérir des droits à la retraite malgré la réduction ou l'arrêt de votre activité professionnelle. C'est un dispositif essentiel pour éviter qu'une période d'aidance n'ait un impact négatif sur le montant de votre future pension de retraite.
Site officiel (service-public.gouv)
Le congé de proche aidant
Le congé de proche aidant permet à un salarié de suspendre temporairement son activité professionnelle ou de réduire son temps de travail afin d'accompagner un proche en situation de handicap, de perte d'autonomie ou de maladie nécessitant une aide régulière. Ce dispositif permet de consacrer du temps à son proche tout en conservant son emploi.
Qui peut bénéficier du congé de proche aidant ?
Le congé de proche aidant est ouvert à tous les salariés, quelle que soit leur ancienneté dans l'entreprise.
Vous pouvez en bénéficier pour accompagner notamment :
-
votre conjoint, partenaire de PACS ou concubin ;
-
un parent, un grand-parent ou un enfant ;
-
un frère, une sœur ou un autre membre de votre famille ;
-
une personne âgée ou en situation de handicap avec laquelle vous vivez ou entretenez des liens étroits et stables, à qui vous apportez une aide régulière à titre non professionnel.
La personne aidée doit résider de façon stable et régulière en France et être en situation de handicap ou de perte d'autonomie reconnue.
Quelle est la durée du congé ?
Le congé de proche aidant peut être accordé pour une durée maximale de 3 mois.
Il est renouvelable, dans la limite de 1 an sur l'ensemble de votre carrière professionnelle.
Vous pouvez choisir de le prendre :
-
en une seule période ;
-
de façon fractionnée (par demi-journées minimum) ;
-
sous la forme d'un temps partiel, avec l'accord de votre employeur lorsque cela est prévu.
Le congé est-il rémunéré ?
Le congé de proche aidant n'est pas rémunéré par l'employeur, sauf si votre convention collective ou un accord d'entreprise prévoit une indemnisation.
En revanche, vous pouvez, sous certaines conditions, percevoir l'Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA)versée par la CAF ou la MSA afin de compenser une partie de votre perte de revenus.
Les démarches à suivre :
1. Informer votre employeur
Vous devez adresser une demande de congé à votre employeur. Sauf situation d'urgence, cette demande est généralement effectuée au moins un mois avant la date de début souhaitée.
En cas d'urgence (dégradation soudaine de l'état de santé de votre proche, crise ou cessation brutale d'un établissement d'hébergement), le congé peut débuter immédiatement.
2. Joindre les justificatifs
Votre demande doit être accompagnée des documents permettant de justifier la situation de la personne aidée, par exemple :
-
une décision de la MDPH ;
-
une notification d'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) indiquant le GIR ;
-
tout autre document attestant de la perte d'autonomie ou du handicap.
Lettre type disponible sur : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R46971
3. Attendre la confirmation
L'employeur ne peut pas refuser votre congé si vous remplissez les conditions prévues par la loi. Il peut uniquement demander que les formalités soient respectées.
Quels sont vos droits pendant le congé ?
Pendant votre congé :
-
votre contrat de travail est suspendu temporairement ;
-
vous conservez votre emploi et retrouvez votre poste (ou un poste équivalent avec une rémunération au moins identique) à votre retour ;
-
cette période est prise en compte pour certains de vos droits, notamment l'ancienneté selon les dispositions applicables ;
-
vous pouvez demander l'AJPA si vous remplissez les conditions d'attribution.
Bon à savoir :
Le congé de proche aidant est souvent confondu avec l'AJPA, mais il s'agit de deux dispositifs différents :
-
Le congé de proche aidant est un droit qui vous permet de vous absenter de votre travail pour accompagner un proche.
-
L'AJPA est une aide financière qui peut être versée pendant ce congé afin de compenser une partie de votre perte de revenus.
Ces deux dispositifs sont complémentaires et peuvent être sollicités en même temps, si vous remplissez les conditions d'attribution.
Site internet (service-public.gouv)
Les aides proposées par le Département de l'Isère
Le Département de l'Isère mène une politique active pour accompagner les proches aidants. Son objectif est de prévenir l'épuisement des aidants, de favoriser le maintien à domicile des personnes en perte d'autonomie et d'informer les familles sur les dispositifs existants.
Les principales aides et services
Des lieux d'information et d'accompagnement
Les Maisons du Département et leurs services autonomie accueillent les aidants afin de :
-
répondre à leurs questions ;
-
les informer sur leurs droits et les aides existantes ;
-
les accompagner dans leurs démarches administratives (APA, MDPH, aides à domicile, etc.) ;
-
les orienter vers les professionnels et les structures adaptées à leur situation
Des solutions de répit
Le Département de l'Isère soutient plusieurs solutions permettant aux aidants de souffler quelques heures ou plusieurs jours :
-
l'accueil de jour ;
-
l'hébergement temporaire ;
-
le relais à domicile (baluchonnage ou intervention d'un professionnel) ;
-
les plateformes d'accompagnement et de répit.
Ces solutions permettent à l'aidant de prendre du temps pour lui tout en garantissant un accompagnement sécurisé de son proche.
Une aide financière au répit
Lorsque la personne aidée bénéficie de l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA), le plan d'aide peut être majoré afin de financer une solution de répit si l'aidant est indispensable au maintien à domicile.
Cette aide peut notamment servir à financer :
-
un accueil de jour ;
-
un hébergement temporaire ;
-
un relais à domicile.
L'attribution de cette majoration est étudiée par les équipes du Département lors de l'évaluation de l'APA.
Des actions de prévention et de soutien
Le Département finance également de nombreuses actions destinées aux aidants, parmi lesquelles :
-
des Cafés des aidants ;
-
des groupes de parole ;
-
des ateliers bien-être ;
-
des activités physiques adaptées ;
-
des conférences et formations ;
-
des temps de convivialité pour rompre l'isolement.
Ces actions sont organisées tout au long de l'année par des associations et des partenaires locaux sur l'ensemble du territoire isérois.
Où se renseigner ?
Si vous accompagnez un proche en Isère, n'hésitez pas à contacter :
-
la Maison du Département la plus proche de votre domicile ;
-
votre CCAS ou votre mairie ;
-
une Plateforme d'accompagnement et de répit ;
-
ou l'équipe en charge de l'autonomie du Département.
Ces professionnels pourront vous informer sur les aides auxquelles vous pouvez prétendre et vous accompagner dans vos démarches.
J'accompagne un proche en situation d'handicap
Accompagner un proche en situation de handicap, qu'il soit enfant ou adulte, implique souvent de réaliser de nombreuses démarches administratives et de connaître les aides auxquelles il peut prétendre. La Prestation de Compensation du Handicap (PCH), les demandes auprès de la MDPH, les réévaluations des droits ou encore le renouvellement des aides sont des étapes importantes qui peuvent parfois être difficiles à comprendre.
Dans cette rubrique, nous vous proposons des informations claires pour vous accompagner dans vos démarches, mieux comprendre les dispositifs existants et vous aider à faire valoir les droits de votre proche en situation de handicap
Faire ma première demande de PCH (Prestation de Compensation du Handicap)
La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) est une aide financière versée par le Département. Elle a pour objectif de compenser les conséquences du handicap dans la vie quotidienne en prenant en charge certaines dépenses liées à la perte d'autonomie. La demande s'effectue auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) de votre département.
Qu'est-ce que la PCH ?
La PCH permet de financer, en fonction des besoins de la personne en situation de handicap :
-
une aide humaine (intervention d'un aidant professionnel ou d'un aidant familial, sous certaines conditions) ;
-
des aides techniques (fauteuil roulant, matériel médical, équipements spécifiques, etc.) ;
-
l'aménagement du logement (rampe d'accès, douche adaptée, monte-escalier...) ;
-
l'aménagement du véhicule ou les surcoûts liés aux transports ;
-
des aides spécifiques ou exceptionnelles ;
-
les frais liés à l'entretien ou à l'acquisition d'un animal d'assistance.
La PCH est attribuée en fonction des besoins évalués par l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH et non uniquement en fonction du handicap.
Qui peut bénéficier de la PCH ?
Vous pouvez demander la PCH si :
-
vous êtes en situation de handicap entraînant une difficulté absolue pour réaliser une activité essentielle de la vie quotidienne (se laver, se déplacer, communiquer, etc.) ou une difficulté grave pour au moins deux activités ;
-
vous résidez de façon stable et régulière en France ;
-
vous remplissez les conditions d'